L’orgaste : le mot qui libère les victimes de la honte

L’orgaste, oui avec un T, ce phénomène mécanique est différent de l’orgasme.

C’est un réflexe physiologique involontaire déclenché par une stimulation sexuelle intense. Comme pleurer quand on coupe des oignons. Comme saliver devant de la nourriture. Le corps réagit à un stimulus, point. Ça ne dit rien de votre désir. Rien de votre consentement. Rien de votre responsabilité.

Sous la stimulation de l’agression, son corps réagit avec un réflexe normal – lubrification naturelle, érection, décharge ressemblant à un orgasme – ce qui va faire croire à la victime qu’elle est, à tort évidemment, responsable, coupable, complice. Un auteur d’agression peut même en profiter pour culpabiliser la victime, la manipuler en se servant de ce réflexe physique.

L’orgasme, c’est autre chose. C’est l’orgaste + la présence.

C’est Jean-Yves Desjardins, psychologue, sexologue clinicien et un des fondateurs du département de sexologie à l’Université du Québec à Montréal, qui a créé ce concept dans le cadre de son approche Sexocorporelle.

Pour Desjardins, pour transformer l’orgaste en orgasme, il faut être présent.e, associer le lâcher-prise émotionnel, la connexion avec son partenaire, l’érotisation du moment et de son propre corps.

Pourquoi ce mot change tout

C’est un réflexe qui a une incidence considérable pour les victimes d’agressions sexuelles.

Quand on est une victime d’agression et qu’on a vécu l’orgaste, son corps a réagi malgré soi. Et on s’est senti.e coupable : « Est-ce que j’ai aimé ça ? Est-ce que c’était de ma faute ? Est-ce que je l’ai voulu, désiré ? »

L’orgaste est alors comme la trahison du corps, ce n’était pas du désir.

Ce mot est une arme contre la honte. Il nous dit : « Ce que tu as ressenti physiquement ne fait pas de toi un.e complice. Ton corps a survécu. Toi, tu n’as pas choisi. »

L’orgaste, c’est le corps seul. L’orgasme, c’est vous, là, ici et maintenant, présent.e, vivant.e.

Le mot orgaste nous permet enfin de nommer ce qui s’est passé. Pour comprendre. Pour ne plus porter la honte qui ne nous appartient pas.

Laisser un commentaire